Sylvie, yogini runneuse

Avec Sylvie, nous nous sommes d’abord rencontrées via le running avec le Dubndiducrew, l’époque à laquelle je courrais encore, avant que le yoga ne me vampirise.
Alors qu’elle se lançait à fond dans la course à pieds, j’ai arrêté de mon côté et nous nous retrouvons maintenant le mercredi soir autour du yoga.

Qui es-tu en quelques mots ?
Je m’appelle Sylvie, j’ai 36 ans et j’habite Paris où je suis née. J’ai toujours été très sportive : natation, gym, équitation ; aujourd’hui run et yoga. Je suis persévérante mais je manque de confiance en moi, je suis d’un naturel anxieux, peu patiente, exigeante et très critique envers moi. Depuis plusieurs années maintenant je travaille beaucoup sur tout ça et ça c’est d’ailleurs bien amélioré. (Il était temps…^^)

Depuis quand pratiques-tu le yoga ?
Je pratique le yoga régulièrement depuis bientôt un an.

Comment et pourquoi t’es-tu retrouvée sur un tapis de yoga pour la première fois ?
La toute première fois que j’ai essayé le yoga c’était il y a environ 4 ou 5 ans et je n’avais pas du tout adhéré. J’avais trouvé ça mou – je ne me souviens pas du type de yoga mais j’étais dans un état d’esprit où j’avais besoin de pratiquer des activités qui ” bougent ” pour me vider la tête – et je m’étais sentie perdue car la prof énonçait les postures comme si tout le monde les connaissait et ne corrigeait que très peu. Je me rappelle d’ailleurs avoir eu mal à plusieurs reprises. J’ai donc suivi le cours d’essai mais n’y suis jamais retournée. Je n’ai même pas osé dire à la sortie que je ne reviendrais pas, j’ai simplement dit que j’allais réfléchir !
Je suis arrivée dans ton cours au début où tu commençais à enseigner car je te connaissais (ça me rassurait), je t’appréciais et je voulais te soutenir dans cette nouvelle activité puisque toi tu m’avais soutenue lors de mes débuts en run avec le Dubndiducrew. J’ai tout de suite aimé ta façon d’enseigner, le décalé de tes playlists, les rires qui s’échappent de certaines situations, mais je n’arrivais pas (ne voulais pas ?) encore à instaurer une routine yoga dans ma semaine. C’est à l’automne 2017 que cette routine s’est installée et depuis elle m’accompagne toutes les semaines.

Qu’est-ce qui te plaît dans le yoga et fait que tu prends régulièrement des cours ?
Les cours sont essentiels pour moi pour plusieurs raisons : avoir les conseils d’un prof pour bien comprendre les postures et éviter les blessures, être dans un lieu dédié car mon appartement ne s’y prête pas franchement et partager avec d’autres yogis. Nous sommes d’ailleurs un bon petit groupe qui se retrouve tous les mercredis !
Aujourd’hui j’apprécie particulièrement le calme des cours de yoga qui me coupe de la suractivité de Paris. C’est un moment à moi, où je suis dans une bulle de calme et de dépassement de soi tout en bienveillance. J’apprends à écouter mon corps qui ne réagit pas de la même façon d’une semaine à l’autre, à ne pas me juger, à ne pas me comparer aux autres et à apprécier les progrès que je fais. Je sens mon corps qui s’assouplit, qui se gaine et mon esprit qui se vide. Je ne pense qu’au moment présent pendant la pratique, je ne suis attentive qu’à ce qui se passe durant celle-ci. J’ai réalisé que j’étais plus souple que je ne le pensais, je m’étonne parfois à réussir une position que la semaine d’avant je n’arrivais pas à faire et j’apprécie les équilibres qui me rappellent mes années de gym.
Selon mon ressenti du moment ou l’heure de la pratique je varie entre yin et vinyasa. Je cours pas mal et ne suis pas très consciencieuse sur les étirements, donc le yoga me permet d’y remédier et de contrecarrer le manque de souplesse induit par la course à pied.

Que penses-tu de l’image du yoga renvoyée par les réseaux sociaux (filles minces et ultra flexibles, garçons musclés toujours la tête en bas…) ?
Je suis partagée sur la question, c’est pourquoi je ne suis pas encore beaucoup de comptes de yogis.
Je suis 2 ou 3 femmes, anciennes gymnastes ou danseuses, qui ont un super niveau et qui mettent très bien en scène leurs pratiques ou leurs photos. Clairement ces comptes me font rêver (surtout celui d’une australienne pour les paysages) car ils montrent le degré que l’on peut atteindre même si j’ai bien conscience que je n’y arriverai certainement jamais ! Mais, à mon sens, ils font parfois plus démonstration de capacités physiques et acrobatiques qu’autre chose. J’ai du mal à ressentir les aspects introversion et spirituel du yoga avec ces comptes-là. C’est d’ailleurs depuis que j’ai acquis un certain recul sur moi-même que j’y suis abonnée car avant ça ils ne me renvoyaient que le fait que moi je ne pouvais pas arriver à ce niveau.
Aujourd’hui je commence à chercher des yogis qui transmettent davantage les valeurs du yoga (selon moi), qui semblent plus réalistes et me permettent de m’identifier plus facilement.

Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui voudrait prendre son premier cours ?
Quel que soit le type de yoga, ce serait d’être prêt à s’y frotter si je puis dire. Sans adhérer forcément à l’aspect spirituel de ce sport, il faut être ouvert à une activité douce mais qui nous élève et nous confronte à nous-même. Beaucoup de personnes autour de moi pensent, comme moi avant, que c’est mou et/ou lent et qu’elles ne se défouleront pas. Je sais aujourd’hui que c’est faux dans le sens où on se dépasse à chaque pratique mais pas forcément physiquement. Je pense qu’il faut être prêt à s’accorder de l’attention car le yoga nous fait réfléchir sur nous.

Un mot à ajouter ?
“Le but n’est pas seulement le but, mais le chemin qui y conduit.” Je trouve que cette phrase de Lao-Tseu résume bien l’esprit du yoga… pour moi, encore une fois !

Retrouvez Sylvie sur Instagram : @syl_viie

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